Scholar Green House 2012

Bonjour tout le monde !

Comme tout récit qui se respecte, celui-ci se doit de commencer par une petite présentation des protagonistes, j’ai nommé : Armel alias Mr Ravit, Marion alias Heavy Stomac, Marie alias Dolma et moi-même, Céline alias… la narratrice de cet essai.

Étudiants à nos heures perdues et épris de voyages, c’est bien la réunion de ces deux activités qui nous a permis de nous rendre au Zanskar cet été afin d’y réaliser notre stage de 2ème année.

Nous sommes le 3 août 2012 lorsque nous atterrissons à Delhi pour le compte de l’ISTOM, école d’ingénieur en agro-développement international (hé, hé, ça fait sérieux dit comme ça) au sein de laquelle nous sommes étudiants.

L’idée étant de rallier Thangso pour y dérouler notre premier stage à l’étranger, nous prenons rapidement la route direction l’Himalaya, non contents de quitter la tonitruante et infernale capitale indienne. Cela fait déjà 6 mois que nous avons nos billets en poche et notre hâte d’arriver à destination atteint son paroxysme…

Ayant (non sans mal) survécus aux quelques dizaines d’heures de bus jusqu’à Darsha, c’est plus motivés que jamais que nous retrouvons notre horseman, j’ai nommé le délirant Tsega, pour entamer les 4 jours de trekk qui nous mèneront au village de Thangso.

A peine le temps de souffler et de réaliser que nous sommes bel et bien arrivés au cœur de l’Himalaya, nous voila déjà repartis vers de nouvelles aventures! Et c’est dans la bonne humeur générale que nous prenons route aux côtés de Jasmin, Tsega et ses trois fidèles destriers.

Le 9 août, nous arrivons à Thangso, encore tout éblouis par les paysages de la vallée de Lugnak. Et c’est autour d’un bon thé chaud (le premier d’une longue série…) que les familles nous accueillent dans la bonne humeur générale. Les jours suivants, nous prenons rapidement note du travail à effectuer et nous entamons notre œuvre sous les ordres de Jasmin afin de finir la construction de la serre. Le travail est déjà bien entamé et nous le poursuivons de diverses manières : peinture à l’intérieur de la serre, montage des fenêtres, pose d’un enduit de boue sur les murs extérieurs, mise en place de la bâche, élaboration de canaux de détournement d’eau autour de la serre… Nous mettons du cœur à l’ouvrage et nous parviendrons finalement à terminer la serre quelques jours plus tard, pas peu fiers du travail effectué.

Nous décidons ensuite d’organiser une réunion avec les professeurs de l’école afin de programmer la suite des événements. La serre étant achevée, il est temps pour nous d’entamer notre tâche de planification afin de nous assurer que la maintenance de la serre et la gestion des cultures sera bel et bien assurée tout au long de l’année. Après nous être concertés et entretenus avec les villageois nous avons pris la décision de confier cette tâche aux professeurs de l’école. En effet, elles nous semblent être réellement impliquées dans le projet et tout à fait aptes à accomplir ce travail.

Le lendemain, les professeurs et les enfants nous retrouvent à la serre, munis de paniers remplis de bouses de yack et de graines, pour nous aider à mettre en terre les premiers légumes « made in school ».

Dans la serre, tout le monde s’affère malgré l’espace restreint : tandis que les plus forts retournent la terre à la pioche, les petites mains enlèvent les cailloux pour obtenir un lit de semence régulier et propre. D’autres encore humidifient le sol et les derniers commencent à planter les graines dans de petits sillons tracés à la truelle. En quelques heures le travail est bouclé : il ne reste plus à dame nature qu’à prendre notre relai !

Aujourd’hui de retour en France, nous reparlons encore très régulièrement de cette aventure entre nous. L’expérience est encore tout fraîche mais les souvenirs refont déjà surface. Ce voyage, nous pouvons le résumer comme un cocktail de rencontres, de découvertes et d’émotions. Un cocktail aphrodisiaque, qui nous donne déjà envie d’y retourner !

Vivre avec les familles, découvrir la doksa, travailler dans les champs ou se laver dans la rivière resteront des moments inoubliables, et beaucoup de bonheur.

Certes, le chemin est encore long pour développer la région, mais avec un peu d’audace et beaucoup de persévérance nous entrevoyons un bel avenir pour tous ses habitants. C’est grâce aux ONG et à l’initiative des gouvernements que les projets pourront se pérenniser dans la vallée et améliorer le quotidien des populations. Nous espérons pouvoir prendre part rapidement à de belles initiatives comme celles proposées par Alpes-Himalaya, à travers notre futur métier d’ingénieur, pour pouvoir ajouter notre pierre à l’édifice. Mais pour cela, il va falloir travailler ! Encore 3 années d’études avant d’être diplômés, mais cette expérience a fini de nous convaincre que le jeu en vaut la chandelle ! Pour tous ces gens qui nous accueillis, et pour le reste du monde qui a plus que jamais besoin d’un peu plus d’humanisme…

Un merci tout particulier à Françoise Giroud pour sa gentillesse et sa générosité, nous n’oublions rien de ce voyage avec toi et surtout : « Life is like an icecream, enjoy it before it melt ».